Beaucoup de Québécois passent des décennies à épargner avec discipline dans leur REER, puis remettent la planification des retraits à plus tard, jusqu’à ce que l’échéance obligatoire approche. Cette procrastination réduit fortement votre marge de manœuvre financière et mène souvent à un revenu imposable plus élevé plus tard à la retraite.
Selon la loi, votre REER doit être fermé au plus tard à la fin de l’année où vous atteignez 71 ans. Un mauvais timing et l’absence de stratégie peuvent entraîner des retraits obligatoires plus élevés, ce qui peut vous faire passer dans des tranches d’imposition supérieures et augmenter le risque de récupération de certaines prestations.
Planifier tôt rend la transition d’un Régime enregistré d’épargne-retraite (REER) vers un Fonds enregistré de revenu de retraite (FERR) beaucoup plus simple. Une stratégie de retrait intelligente, le fractionnement du revenu de pension et une coordination fiscale rigoureuse peuvent réduire drastiquement l’impôt total payé au cours de votre vie et maximiser l’argent qui reste dans vos poches.
Au Québec, cette planification est particulièrement importante en raison de nos règles fiscales combinées, fédérales et provinciales, qui sont uniques. Les retraités doivent composer avec les revenus du RRQ, des taux d’imposition provinciaux élevés et l’interaction entre les retraits privés et l’admissibilité aux prestations gouvernementales.

Planifier tôt pour économiser de l’impôt lors du passage du REER au FERR
Alors que la date limite annuelle de cotisation au REER attire toute l’attention des médias, la vraie valeur financière à long terme se trouve dans la façon efficace de décaisser cette épargne enregistrée. Les REER offrent une croissance à l’abri de l’impôt, mais éventuellement, chaque dollar retiré devient un revenu entièrement imposable — soit directement du REER, soit plus tard via un FERR.
Détenir un gros solde de REER à 71 ans crée un compromis : ça permet de continuer à faire croître l’épargne à l’abri de l’impôt, mais ça entraîne aussi des retraits minimums obligatoires du FERR plus élevés. Ce revenu forcé peut vous faire passer dans une tranche d’imposition supérieure exactement au moment où vous n’avez pas besoin de cet argent supplémentaire. Au Québec, ça peut vouloir dire plus d’impôt combiné (fédéral et provincial), et ça peut aussi affecter des prestations basées sur le revenu, comme la SV.
Bien choisir le moment de vos retraits REER (la stratégie de « meltdown »)
Des retraits REER plus tôt peuvent être très avantageux. Faire des retraits modestes et planifiés pendant vos années à plus faible revenu (p. ex., entre une retraite à 62 ans et 71 ans) peut réduire volontairement vos futurs soldes de FERR. Cette stratégie de « meltdown » lisse votre facture fiscale dans le temps et évite une grosse facture d’impôt dans la soixantaine-dix.
Date limite clé de maturité du REER
Vous êtes légalement tenu de convertir votre REER au plus tard le 31 décembre de l’année où vous atteignez 71 ans. Vos options incluent transférer les fonds dans un FERR, acheter une rente, ou tout encaisser (généralement peu avantageux sur le plan fiscal en raison d’une imposition immédiate et massive). La plupart des retraités québécois choisissent un FERR pour sa flexibilité de placement.
| Âge/étape | Priorité de planification | Objectif fiscal |
| 55-64 | Estimer les sources de revenu de retraite | Bâtir un plan de retraits sur plusieurs années |
| 65-70 | Envisager un décaissement partiel du REER | Réduire les minimums obligatoires du FERR plus tard |
| 71 | Convertir en FERR avant l’échéance | Éviter des décisions fiscales précipitées et coûteuses |
Impacts du FERR pour les retraités québécois
Un FERR maintient la croissance de vos placements à l’abri de l’impôt, mais vous oblige à effectuer des retraits annuels minimums. Le pourcentage de retrait requis augmente avec l’âge. Si vous prenez votre retraite avec un REER important, ces retraits obligatoires peuvent dépasser largement vos besoins réels au quotidien.
Ça peut nuire concrètement à l’efficacité de votre revenu de retraite, surtout pour les retraités québécois qui reçoivent aussi une pension d’employeur, le RRQ, la Sécurité de la vieillesse (SV), des revenus locatifs ou des dividendes. Empiler un revenu de FERR forcé par-dessus ces sources peut facilement vous propulser dans une tranche d’imposition marginale de 40 % et plus.
Considérations sur l’impôt retenu à la source sur les retraits de FERR
Il est important de noter que, même si les retraits minimums d’un FERR ne déclenchent pas automatiquement une retenue d’impôt à la source, tout retrait supplémentaire, oui. Par contre, la retenue d’impôt n’est qu’un acompte versé au gouvernement. Ce n’est pas votre facture d’impôt finale. Vous pourriez devoir payer de l’impôt additionnel au moment de produire vos déclarations fédérale et québécoise en avril si votre revenu total est élevé.

S’y retrouver dans le paysage fiscal québécois
Les retraités québécois doivent considérer plus que les règles de retrait de base. Les retraits de FERR sont imposés comme un revenu ordinaire. Ce revenu, combiné aux autres flux de trésorerie de retraite, peut avoir un impact important.
Pour la planification 2026, tenez compte des taux d’imposition marginaux, du risque de récupération de la SV, de l’admissibilité au montant en raison de l’âge et de la façon dont les retraits enregistrés influencent le revenu familial net. C’est particulièrement important pour les couples qui coordonnent leur revenu de retraite.
Tranches d’imposition au Québec et revenu de FERR
Le coût fiscal du revenu de FERR dépend de votre revenu imposable total. Même un petit retrait additionnel peut faire passer une partie de votre revenu dans une tranche d’imposition plus élevée, surtout si vous avez déjà des revenus de pension, du RRQ et des revenus de placement.
Risque de récupération de la SV (impôt de récupération)
Si votre revenu net total de retraite dépasse le seuil annuel de récupération de la Sécurité de la vieillesse (SV) (ajusté chaque année), vos prestations de SV seront récupérées par le gouvernement. Pour les retraités à revenu élevé, un décaissement coordonné du REER avant 71 ans réduit les minimums futurs du FERR, ce qui diminue directement ce risque de récupération de la SV plus tard.
| Stratégie | Effet à court terme | Avantage fiscal à long terme |
| Reporter tous les retraits à 71 ans | Moins d’impôt maintenant | Revenu futur de FERR énorme et impôt plus élevé |
| Retraits partiels à 65-70 ans | Payer un peu d’impôt maintenant | Imposition plus stable et plus faible sur l’ensemble de la vie |
| Fractionner le revenu de pension admissible | Meilleur équilibre fiscal familial | Facture d’impôt totale du ménage plus basse |
Planification globale de la retraite
La planification REER vers FERR ne se fait pas en vase clos. Elle consiste à déterminer quand prendre du revenu, à partir de quels comptes, et dans quel ordre.
Une erreur fréquente et coûteuse consiste à utiliser les retraits du FERR seulement après avoir épuisé les sources de revenu non enregistrées. Beaucoup de ménages québécois profitent de projections sur plusieurs années qui alignent soigneusement le revenu REER/FERR avec les actifs du CELI (non imposables), les pensions et les obligations de dettes.
Planification entre conjoints pour le revenu de retraite
Si un conjoint détient la grande majorité de l’épargne-retraite dans son REER, les futurs retraits du FERR créeront un fardeau fiscal très disproportionné.
Conseil d’expert : À partir de 65 ans, les retraits d’un FERR sont généralement considérés comme un revenu de pension admissible, ce qui peut vous permettre de fractionner jusqu’à 50 % de ce revenu avec votre conjoint ou conjoint de fait dans votre déclaration de revenus. Cette stratégie peut faire passer le conjoint au revenu plus élevé dans une tranche d’imposition inférieure, ce qui peut réduire l’impôt à payer du ménage.
Considérations successorales pour la planification du FERR
Un gros FERR peut représenter un défi fiscal majeur pour une succession. Au décès, le solde restant du FERR est généralement imposable dans votre déclaration finale, à moins qu’il puisse être transféré à imposition différée à un conjoint ou conjoint de fait admissible, ou qu’un autre transfert désigné s’applique.
Une bonne planification de conversion tôt implique de désigner un « survivant admissible » (comme un conjoint) comme bénéficiaire, ce qui permet de transférer le FERR à son nom à imposition différée et de préserver davantage la valeur de la succession pour votre famille.

2 cas réels : le décaissement en action
Cas 1 : retraite à 66 ans avec un énorme solde enregistré
- Situation : Un professionnel québécois prévoyait retarder l’accès à son REER de 800 000 $ jusqu’à 71 ans, en vivant de son épargne non enregistrée d’ici là.
- Le problème : Les projections montraient qu’à 72 ans, ses minimums obligatoires de FERR, combinés au RRQ et à la SV, le feraient tomber dans les tranches d’imposition les plus élevées et entraîneraient une récupération complète de ses prestations de SV.
- La solution : Nous avons mis en place une stratégie de « meltdown », en retirant 40 000 $ par année du REER entre 66 et 70 ans. Résultat : un FERR beaucoup plus petit à 71 ans, un revenu imposable annuel plus stable, la préservation de la SV et des flux de trésorerie de retraite très prévisibles.
Cas 2 : un couple avec une épargne très inégale
- Situation : Un conjoint détenait 600 000 $ dans un REER, tandis que l’autre avait très peu d’actifs enregistrés. Sans planification, le futur revenu de FERR aurait créé un fardeau fiscal fortement déséquilibré.
- La solution : BK Financial a élaboré une stratégie coordonnée en utilisant des REER de conjoint à l’approche de la retraite, puis a mis en place un fractionnement du revenu de pension plus agressif une fois que le principal gagne-pain a eu 65 ans. Le couple a nettement amélioré son revenu net familial et a réduit ses impôts projetés sur l’ensemble de la vie de plusieurs milliers de dollars.
FAQ
1. Quand dois-je convertir mon REER en FERR au Québec ?
Vous devez convertir votre REER au plus tard le 31 décembre de l’année où vous atteignez 71 ans. C’est une règle fédérale stricte qui s’applique aussi aux résidents du Québec.
2. À quel âge puis-je fractionner mon revenu de FERR avec mon conjoint pour économiser de l’impôt ?
Au Canada, vous devez avoir 65 ans ou plus pour fractionner votre revenu de FERR avec votre conjoint ou conjoint de fait dans vos déclarations de revenus.
3. Les retraits de FERR sont-ils imposables au Québec ?
Oui. Les retraits de FERR sont considérés comme un revenu ordinaire, entièrement imposable, autant au fédéral qu’au provincial (Québec).
4. Comment puis-je réduire l’impôt en passant du REER au FERR ?
Planifiez des retraits structurés avant 71 ans, coordonnez de façon serrée vos sources de revenu (CELI vs FERR), fractionnez le revenu avec votre conjoint après 65 ans et gérez votre risque de récupération de la SV. Un plan personnalisé sur plusieurs années est la seule façon de minimiser efficacement votre fardeau fiscal sur l’ensemble de votre vie.
5. Un FERR est-il préférable à l’encaissement du REER en un seul montant ?
Presque toujours, oui. Un FERR permet à vos placements de continuer à croître à l’abri de l’impôt, et vous ne payez de l’impôt que sur les montants que vous retirez chaque année. Encaisser un REER en un gros montant d’un coup déclenche une facture d’impôt immédiate et massive, ce qui peut créer une très grosse facture d’impôt sur-le-champ, selon le montant retiré et les autres revenus du retraité.
Arrêtez de redonner vos économies de retraite au gouvernement
Convertir un REER en FERR ne devrait pas être une décision de panique, prise à la dernière minute à 71 ans. Ça demande une stratégie de « décaissement » précise, sur plusieurs années, pour vous assurer de garder l’argent que vous avez mis des décennies à épargner.
Boris Kolodner, MBA, aide les retraités québécois, les professionnels, les entrepreneurs et les familles à coordonner les retraits REER, la planification du FERR, les flux de trésorerie de retraite et l’efficacité fiscale à long terme. Avec plus de 20 ans d’expérience, nous vous aidons à éviter les décisions hâtives et à bâtir un plan de revenu concret.
Prenez rendez-vous dès aujourd’hui pour une discussion gratuite sur la planification de la retraite :
- Téléphone : +1-514-834-5558
- Courriel : contact@bkfinancialservices.ca
- Site web : https://bkfinancialservices.ca
(Consultations offertes en anglais, en français, en russe et en hébreu)
Avis de non-responsabilité : Cet article est fourni à des fins d’information générale et d’éducation seulement et ne doit pas être considéré comme un conseil personnalisé en matière de finances, de fiscalité, de droit, de placement ou de planification de la retraite. Les règles concernant les REER, les FERR, les pensions, la SV et la fiscalité peuvent changer. Les stratégies de revenu de retraite doivent être évaluées selon vos objectifs précis, vos sources de revenu, votre situation familiale et votre tolérance au risque. Consultez un professionnel qualifié avant de prendre des décisions financières.




